Pourquoi le Père Werenfried est-il appelé « Père au lard » ?
A-t-il seulement collecté du lard ? Ou comment sa campagne d'aide s’est-elle poursuivie ?
Qu’est-il arrivé lorsqu’il rencontra la petite Hedwige ?
Quel est le secret de son fameux « chapeau à millions » ?
Qu’est-ce que « le Bulletin » ?
Les événements de Vinkt (Belgique) sont devenus célèbres. Que s’y est-il passé ?
Comment et pourquoi le Père Werenfried a-t-il étendu ses campagnes d’aide à l’Europe orientale ?
Pourquoi l’organisation s’appelle-t-elle « Aide à l’Église en Détresse » ?
Le Père Werenfried peut-il être considéré comme l’un des pionniers de l’Union Européenne ?
Pourquoi ses adversaires l’appelaient-ils le « dernier général de la Guerre Froide » ?
Ist Pater Werenfried Mutter Teresa begegnet?
Kannte er Papst Johannes Paul II. persönlich?
Warum hat Pater Werenfried in Afrika eine neue Kongregation gegründet?
Pater Werenfried bereiste unzählige Länder in aller Welt. War das nicht bisweilen auch gefährlich?
Warum wollte Pater Werenfried eine Kinderbibel herausgeben?
War Pater Werenfrieds Mission in Osteuropa nach der politischen Wende beendet?
Wollte Pater Werenfried nur der katholischen Kirche in Russland helfen?
Pater Werenfrieds Gottvertrauen ist legendär geworden. Was hat er erlebt?
Was hat die Botschaft von Fatima für Pater Werenfried für eine Bedeutung gehabt?
Hat Pater Werenfried auch die Kirche im Westen für eine Kirche in Not gehalten?
Was für ein Mensch war Pater Werenfried?

Pourquoi le Père Werenfried est-il appelé « Père au lard » ?

Le Père Werenfried prenait toujours du plaisir à souligner que ce surnom ne faisait pas allusion à son embonpoint. Il lui vient de sa campagne d’aide pour les expulsés des anciens territoires orientaux allemands, lors de laquelle la première chose qu'il demanda à la population rurale en Flandre était du lard plutôt que de l’argent, car les paysans avaient davantage de provisions de lard que d’argent. Chaque soir, le Père Werenfried et ses aides rentrèrent avec quatre à cinq cents kilos de lard et un chapeau plein d’argent. Des camions entiers transportant du lard furent déchargés sous les yeux étonnés des visiteurs de l’abbaye. Voilà qui fut le début de la « grande bataille du lard », qui donna au Père Werenfried son nouveau nom.

A-t-il seulement collecté du lard ? Ou comment sa campagne d'aide s’est-elle poursuivie ?

Le Père Werenfried se rendit bientôt compte que les Allemands exilés souffraient non seulement de détresse matérielle et de la perte de leur patrie, mais qu’ils étaient aussi dans la détresse spirituelle. Ainsi, il élargit son champs d’action : en 1949, il commença par lancer l’action « un véhicule pour Dieu », dans le but d'équiper les prêtres exilés de motos et de voitures afin qu’il pussent organiser des soins pastoraux pour leur troupeau dispersé. Ces prêtres dits « prêtres sac à dos » étaient chargés d’organiser des soins pastoraux pour les catholiques dans de nombreux petits villages dispersés et furent souvent obligés de parcourir de longues distances à pied. Nombre d’entre eux n’étaient pas assez forts pour résister à ces contraintes et moururent, laissant un grand nombre de catholiques sans assistance spirituelle. La motorisation a considérablement facilité leur situation. Comment le Père Werenfried a-t-il fait pour se procurer les voitures ? Il mobilisa des étudiants flamands ainsi que des organisations de la jeunesse et sollicita leur aide afin de trouver suffisamment d’argent pour payer 100 « coccinelles » Volkswagen. En réalité, il espérait que l’argent allait être suffisant pour acheter 60 voitures, mais il avait fait l’expérience qu’il valait mieux en demander davantage afin d’obtenir le résultat souhaité. Et que s'est-il passé ? Les jeunes ont collecté suffisamment d'argent pour payer 140 coccinelles, dépassant de loin les espérances du Père Werenfried ! Un an plus tard, une autre idée vint à l’esprit du Père Werenfried : les expulsés Allemands catholiques furent installés sur des communes situées dans des régions où la population était pour la plupart protestante et où il n’y avait pas d’églises catholiques. Ainsi, il se procura des autobus et des camions d'occasion et les convertit en églises mobiles, en « chapelles roulantes », comme elles furent bientôt appelées. On pouvait ouvrir la façade latérale pour avoir accès au sanctuaire. De cette manière, l’Église put enfin rejoindre ceux qui n’avaient pas d’églises ! À l’époque, 35 églises roulantes se mirent en route pour rejoindre les catholiques dispersés.

Qu’est-il arrivé lorsqu’il rencontra la petite Hedwige ?

La rencontre avec un enfant de réfugiés vivant dans une baraque fut une expérience clé pour le Père Werenfried. Il voulait offrir à la petite Hedwige – c’est ainsi que s’appelait la fille – l’image d'un saint qu'elle était censée accrocher au mur. Lorsque l’enfant répondit: « Nous n’avons pas de mur, mon Père », il savait qu’il fallait agir. La famille représente la source de l’éducation religieuse ainsi que le noyau de la société chrétienne, mais comment une vie de famille saine serait-elle possible dans ces quartiers miséreux, où de nombreux étrangers étaient entassés sans la moindre possibilité de se retrouver en privé, sans un minimum d'intimité ? Le Père Werenfried eut une idée : il rassembla un groupe d’étudiants qu’il chargea de construire des maisons pour les familles de réfugiés ainsi que des églises pour satisfaire leurs besoins spirituels. Bon nombre d’autres aides bénévoles se joignirent à eux, et c’est ainsi que fut fondé, en 1952, l’Ordre international des Compagnons Bâtisseurs.

Quel est le secret de son fameux « chapeau à millions » ?

Au fil des années, le Père Werenfried étendit ses campagnes de prédication à plusieurs pays, y compris l’Allemagne, où les Allemands lui rendirent en abondance et de bon cœur la générosité dont il avait fait preuve à leur égard peu après la guerre. Son chapeau à millions, un chapeau qu’il avait emprunté à son abbé et qu’il avait oublié de lui rendre, est devenu presque aussi célèbre que lui – il est devenu, en quelque sorte, son image de marque. Avec ce simple chapeau noir, il a mendié pendant près de 60 ans. Il n’est pas étonnant que le chapeau, avec le temps, fut plein de trous, car il ne cessait d’être rempli jusqu’aux bords d'argent, mais aussi de bijoux et d’autres objets de valeur. Après avoir écouté les sermons du Père Werenfried, certains donnaient même leurs alliances, et bon nombre de personnes étaient tellement enflammées par ses paroles qu’elles donnaient beaucoup plus qu’elles ne pouvaient se permettre. Et la chose étonnante, c'est qu'en faisant ce geste, ils étaient heureux comme si on leur avait fait un cadeau à eux. Même des clés de voiture se trouvaient parmi les objets dans le chapeau - et la voiture correspondante attendait son nouveau propriétaire au bord de la rue. Par ailleurs, le Père Werenfried n'était pas du tout inquiet au sujet des trous dans son chapeau, car ils lui servaient d'excuse pour dire: « Seulement des billets, s'il vous plaît ! Pas de pièces ; je risque de les perdre ! »

Qu’est-ce que « le Bulletin » ?

Au début des années 50, le Père Werenfried fonda le « Bulletin », un magazine d’abonnement pour ses bienfaiteurs (il ne parlait jamais de « donateurs », mais de « bienfaiteurs »). À partir de 1958, ce magazine fut publié sous forme de bulletin d’information, envoyé gratuitement aux bienfaiteurs. Au même titre que les sermons du Père Werenfried, dont il prononça jusqu’à 90 par mois dans ses meilleures années, ce bulletin servait de moyen de communication pour atteindre le public. Il paraît actuellement en sept langues - y compris, depuis récemment, le polonais - et connaît un tirage de quelque 700.000 exemplaires. Pour l’AED, il est devenu la source principale de revenus. Cependant, le premier objectif du Père Werenfried n'était pas l'argent. Il voulait semer l'amour dans les cœurs de ses prochains et les inciter à aller au-delà de leurs limites. Il se considérait en même temps comme aumônier des bienfaiteurs. Il appelait son œuvre une « école de l’amour ». Il ne s’agit pas seulement d’une œuvre d’assistance, mais aussi d’une communauté de personnes de bonne volonté, unies non seulement par leur désir d’aider les pauvres mais également par la prière. Le Père Werenfried lui-même a toujours prié pour les intérêts de ses bienfaiteurs, et en même temps, il a encouragé les bienfaiteurs à prier pour les préoccupations d’« Aide à l’Église en Détresse ».

Les événements de Vinkt (Belgique) sont devenus célèbres. Que s’y est-il passé ?

Le Père Werenfried était convaincu que les êtres humains étaient meilleurs que nous ne le pensions, et que Dieu lui-même était meilleur que nous ne l'imaginions. Il savait aussi que les hommes étaient prêts à accomplir des actes héroïques par amour du prochain s’ils comprenaient qu'au nom de l'amour il fallait faire certains sacrifices. Ainsi, il avait osé lancer un message de réconciliation aux habitants de la petite ville belge de Vinkt, où, en 1944, des soldats allemands avaient perpétré un terrible massacre en fusillant toute la population masculine y compris les jeunes garçons et les vieillards. Lorsque les gens entendirent qu’un prêtre voulait venir les voir et leur demander d’aider les Allemands, ils étaient très indignés et seul leur respect de son habit religieux les empêcha d’en venir aux mains. Mais le sermon que prononça le Père Werenfried produit ses effets : juste après la messe, lorsque l’église se fut vidée, une femme l’aborda timidement et lui remit 1 000 francs. Elle disparut vite sans dire un mot, mais le curé l’avait reconnue et disait que les Allemands avaient tué son mari, son fils et son frère. Et au cours de la journée – surtout à la faveur de la nuit – les habitants du village vinrent l'un après l'autre apporter leur contribution à sa campagne d’aide. Les habitants apportaient de l'argent, des vivres et des vêtements, ils versaient de l'argent sur le compte de chèques postaux d' « Aide aux Prêtres de l'Est » et ils étaient même prêts à parrainer un prêtre allemand expulsé !

Comment et pourquoi le Père Werenfried a-t-il étendu ses campagnes d’aide à l’Europe orientale ?

Les problèmes des expulsés ont pu être résolus en l’espace de quelques années seulement. Mais celui qui croyait que le Père Werenfried allait remettre son chapeau sur sa tête et se contenter d'utiliser sa voix pour chanter dans le chœur se trompait complètement. Bien au contraire : il étendait les activités de son Œuvre qui, à l’époque, s’appelait « Aide aux Prêtres de l'Est » et qui, aujourd’hui, porte le nom d’ « Aide à l’Église en Détresse », pour qu’elle devienne « une campagne internationale de l’amour ». Son attention se tourna vers les pays de l’Europe centrale et orientale, au-delà du Rideau de Fer. Lorsque l’insurrection hongroise éclata en 1956, le Père Werenfried s’y rendit immédiatement avec un convoi d’aide humanitaire. Il s'agissait d'un voyage extrêmement dangereux, car la situation pouvait dégénérer d'un moment à l'autre et le Père Werenfried ne disposa même pas d’un passeport valable, et encore moins d’un visa… Mais il traversa la frontière sans encombre et fut parmi les premiers à rencontrer peu après sa libération le Cardinal Mindszenty, Primat de Hongrie, qui avait été incarcéré par les communistes et horriblement torturé. Il va sans dire que le Père Werenfried promit au Cardinal de lui apporter toute aide possible. Sur leur chemin de retour, ce fut comme par miracle que le Père Werenfried et ses collaborateurs arrivèrent à quitter la Hongrie, car cinq minutes seulement après qu'ils eurent passé la frontière, celle-ci fut fermée par l'armée soviétique qui noya la révolte dans le sang. Les activités d’ « Aide aux Prêtres de l’Est » s’étendirent progressivement pour couvrir tous les pays de l’Europe centrale et orientale. Toute sorte de soutien fut accordée : allant de paquets d’aide humanitaire envoyés aux nécessiteux (plusieurs millions de paquets furent expédiés) jusqu'au soutien pour la construction d'églises, de couvents et de séminaires en passant par des subventions pour la formation des prêtres, l’installation d’imprimeries pour les publications catholiques et l'aide aux réfugiés, surtout originaires de Hongrie, qui affluaient dans les pays de l'Europe occidentale. Dans le contexte de la formation, des bourses pour étudiants furent octroyées, destinées en particulier aux futurs prêtres. Ainsi, l’aide a pu atteindre un grand nombre de personnes.

Pourquoi l’organisation s’appelle-t-elle « Aide à l’Église en Détresse » ?

L'organisation prit bien vite des allures internationales. À l'époque, elle s'appelait toujours « Aide aux prêtres de l’Est ». En Italie (entre 1964 et 1975, le siège principal de notre Œuvre se trouvait à Rome), nous nous appelions « Aiuto alla Chiesa Perseguitata » - « Aide à l’Église persécutée ». Un jour, le Père Werenfried fut sollicité au secrétariat d'État du Vatican. Un Monseigneur bien aimable lui demanda de changer le nom de son Œuvre, car Tito, le chef d’État de Yougoslavie, s’en était plaint. Tito déclarait que dans son pays, l’Église n’était pas persécutée, et que pour cette raison, une organisation portant un nom pareil ne pouvait y exercer ses activités, que ce soit de manière officielle ou non officielle. Le Père Werenfried refusa immédiatement, jusqu’à ce que le Monseigneur lui montrât une lettre rédigée par Tito, sur laquelle le Pape avait noté à la main : « demander à Werenfried de changer le nom de son Œuvre ». Grâce à l’intervention de Tito, ou plutôt grâce au Saint Père, le nom de l’Œuvre fut transformé en « Aide à l’Église en Détresse ». Maintenant, ce nom recouvrait également les campagnes d’aide humanitaire destinées à l’Église dans les pays du Tiers Monde. Plus tard, le nom fut adapté dans les langues des autres pays.

Le Père Werenfried peut-il être considéré comme l’un des pionniers de l’Union Européenne ?

Le Père Werenfried a compris qu’il ne pourrait y avoir de paix et de réconciliation en Europe tant que la haine dans les cœurs des hommes ne serait pas vaincue. Il était convaincu qu’il y aurait une terrible catastrophe qui toucherait l’Europe dans sa totalité si l’on ne parvenait pas à réconcilier les anciens ennemis et à atténuer la souffrance des hommes. Otto de Habsbourg a parlé du Père Werenfried comme « architecte d’une Europe unie et chrétienne » et Romano Prodi l’a qualifié d’« apôtre de la paix » en Europe. Effectivement, il a réussi à instaurer la réconciliation là où cela semblait presque impossible. Ainsi, on peut à juste titre le qualifier de pionnier de l’intégration européenne.

Pourquoi ses adversaires l’appelaient-ils le « dernier général de la Guerre Froide » ?

Le Père Werenfried a beaucoup été critiqué pour avoir dénoncé à haute voix les atrocités du régime communiste, car cela ne correspondait pas au rêve de la coexistence pacifique entre l'Église et le communisme que firent un grand nombre de personnes dans l’Ouest. Cependant, le Père Werenfried ne croyait pas aux concessions faites de temps à autre par les communistes pour duper les pays de l’Ouest. Il connaissait trop bien les atrocités perpétrées par les régimes communistes et savait parfaitement que le communisme n’allait jamais cesser de combattre la religion. Le Père Werenfried connaissait un grand nombre d’évêques, de prêtres, de religieux et de laïques, qui, au nom de leur foi, durent subir des souffrances indicibles et qui le supplièrent à plusieurs reprises de faire connaître la vérité dans les pays occidentaux. Et voilà ce qu’il a fait, et c’est la raison pour laquelle il fut traité de « dernier général de la Guerre Froide » par ses adversaires. Il savait que le sang du martyre était la semence de l'Église, comme l’avait déjà écrit Tertullien, et fit donc de son possible pour que les personnes torturées ou assassinées en raison de leur foi ou celles qui durent subir des sanctions sévères ainsi que des représailles n’étaient pas perçues dans les pays occidentaux comme éléments perturbateurs de la coexistence pacifique entre l’Église et le communisme. Le Père Werenfried ne s’est jamais gêné d’appeler les choses par leur nom et de faire entendre sa voix. Cependant, il a souligné à plusieurs reprises que son objectif n’était pas de combattre le communisme, mais d'apporter son soutien aux victimes. Après tout, il était prêtre et non pas homme politique ou militant. Il n’a cessé d’inviter les hommes à prier pour les coupables, pour les membres des bureaux politiques, pour les généraux et les tortionnaires. La conversion des coupables figurait parmi ses plus ardents désirs.

 

Le Père Werenfried a-t-il rencontré Mère Teresa ?

Oui, le Père Werenfried connaissait bien Mère Teresa et ce fut lui qui la fit connaître en Europe. Il avait fait sa connaissance en 1956 lors d’un voyage en Inde et cette rencontre lui avait fait une forte impression. Il lui rendit visite dans la « Maison des Mourants » qu’elle avait fondée à Calcutta, alla avec elle de brancard à brancard et bénit les malades l’un après l’autre. Un petit bébé qu’il venait de baptiser mourut même dans ses bras. Depuis lors, il était très proche de Mère Teresa et la soutenait activement, et Mère Teresa fut elle aussi impressionnée par le Père Werenfried.

Connaissait-il personnellement le Pape Jean Paul II ?

Une amitié datant de plusieurs décennies, qui remontait à l’époque où Karol Wojtyla était archevêque de Cracovie, l’unissait au Pape Jean Paul II. Jusqu'au moment actuel, « Aide à l’Église en Détresse » a opéré sous cinq Papes et la fidélité à Rome est à la base de nos activités. En 1984, notre Œuvre fut érigée en Association Publique universelle de Droit Pontifical et reçut une mission officielle pour l’Église Universelle. Dès le début, l’œuvre du Père Werenfried fut soutenue, souhaitée et approuvée par les Papes, et le Père Werenfried n’aurait jamais songé à faire quelque chose qui allait à l’encontre des principes de Rome.