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L'avortement
Quand Hérode ordonna la tuerie de Bethléem, l’ange de Dieu réveilla Joseph et ordonna : »Prends l’enfant et sa mère et fuis en Egypte ». Le bain de sang après la fuite de la sainte Famille n’est toujours pas oublié. Hérode le Grand reste connu dans l’histoire de l’humanité comme un des assassins les plus perfides.
L’histoire se répète. Jadis, Bethléem fut le lieu du crime ; à présent, le sein de millions de femmes est devenu l’endroit du meurtre. Jadis, les petites victimes furent enterrées aux alentours de la ville ; à présent, c’est dans l’incinérateur municipal que l’on efface les traces de l’infanticide. Jadis, un roi sans scrupules et craignant pour son trône fit supprimer les petits garçons d’une ville de province ; à présent, des peuples entiers abattent leurs propres enfants par égoïsme.
Dieu, Maître de la vie et de la mort, que pense-t-Il des médecins américains qui ont tué un enfant malade dans le sein de la mère en laissant la vie au petit frère jumeau ? Leur seringue a percé le cœur de l’enfant « sans valeur » pour pomper le sang jusqu’à ce que mort s’ensuive… Dieu, que pense-t-Il des peuples chrétiens qui, par leurs députés dans les parlements ou par des référendums, ont donné force de loi à une série de paragraphes assassins ? Et que pense-t-Il du manuel de biologie qui prône l’examen du liquide amniotique parce qu’il signale, avant qu’il ne vienne au monde, si l’enfant est digne de vivre, de sorte qu’un avortement « peut prévenir de grandes souffrances et de lourdes charges pour les parents, pour l’enfant et pour la société » ? Et que pense-t-Il du moraliste catholique qui considère un tel examen comme « utile » ? Révérend professeur, si cet examen apprend qu’un enfant sera peut-être handicapé en venant au monde, quelle peut en être « l’utilité », si ce n’est que les parents fassent fi des droits à la vie de cet enfant et cherchent qui le tuera ?
Sans aucun doute, la Sagesse éternelle juge autrement que l’homme de la rue pour qui le meurtre n’est plus un meurtre, dès que l’Etat prête ses bons offices, et la mutuelle donne l’argent, pour commettre le crime qui tue les enfants. Car les consciences sont estompées et l’intelligence est obnubilée jusqu'à la folie, depuis que la loi naturelle ineffaçable et la doctrine séculaire de l’Eglise, qui ont trouvé leur expression valable pour notre temps dans « Humanae Vitae », ne s’annoncent plus qu’avec hésitation et sont passées sous un silence coupable pour être universellement sabotées. Mais là où la vérité est opprimée, le mensonge règne.
C’est un mensonge que tout est en ordre quand l’avortement se fait dans une salle d’opération avec la permission du législateur ; un mensonge qu’il ne serait plus question de meurtre quand le médecin a signé l’attestation d’avortement ; un mensonge qu’on peut donner à la mère dégénérée le certificat de consultation dont elle aura besoin pour perpétrer le meurtre projeté ; un mensonge que rien n’interdit de mutiler des enfants par une solution sodique, de les dépecer, de les arracher du sein de la mère et de les jeter à la poubelle. Si nous n’avons pas le courage de contredire – ouvertement et en des termes cinglants – ces mensonges et de stigmatiser ce crime commis en notre présence, nous sommes complices de cet infanticide et coupables devant Dieu qui ne tolère pas d’assassins dans le Royaume des Cieux.
Nous sommes envahis de mouvements de paix qui nous appellent à ne pas nous défendre contre des criminels, prêts à conquérir la terre entière. Quel est le mouvement de paix qui pense à cette guerre mondiale, la plus grande de tous les temps, contre les enfants ? Elle constitue une plus grande menace pour la paix que l’hallucinant arsenal des armes nucléaires dissuasives, Elle détruit la paix avec Dieu !
Après Noël, nous repenserons aux mamans de Bethléem. Mais le massacre de Bethléem était une babiole en comparaison du péché des temps présents. Le sang de millions d’enfants crie au ciel. Nous ne pouvons pas nous agenouiller devant l’Enfant de la crèche si nous ne les entendons pas crier. (…) Et priez afin que la Mère de toutes les mères puisse écraser la bête qui sommeille en nous tous. Viens, Seigneur Jésus, et prends pitié de nous, pauvres pécheurs !
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